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Abeilles, que des sauvages ! Ou presque !

Les espèces d’abeilles sont nombreuses en Europe, près de 1.000 en France, 500 en Belgique (dont une trentaine de bourdons). Ces espèces représenteraient 80 % des individus en France [1], ce qui veut dire que l’abeille domestique représenterait 20 % des individus à elle seule, soit un piètre indice de biodiversité et potentiellement, une forte pression [2]. Ici apparait une liste probable pour la Belgique et le Nord de la France d’après Rasmont (1995) [3], liste complétée par Atlas Hymenoptera.

Les données utilisées (juillet 2017) sont partielles et hétérogènes [4]. Nous pouvons quand même retrouver ici quelques indications sur nos abeilles locales :

  • Pour les plantes à fleurs visitées, sur la moitié des presque 400 espèces d’abeilles listées : 3 sont indiquées monolectiques, 80 plutôt oligolectiques et une centaine polylectiques. Les termes polylectique, oligolectique et monolectique indiquent qu’une abeille visite une diversité importante de plantes à fleurs, seulement quelques espèces, genres ou familles ou seulement une seule espèce végétale.
    • Les trois espèces monolectiques ne se trouvent que sur Echium vulgare (la vipérine) et Jasione montana (la jasione des montagnes, sur les littoraux).
    • Pour les abeilles oligolectiques, il y a par définition des préférences, ici sont citées :
      • assez larges, pour des familles, Asteraceae (16, dont 7 pour les Asteraceae liguliflores, dont 2 pour les « Asteraceae jaunes »), Fabaceae (7), Brassicaceae (4), Apiaceae (3), Ericaceae (3), Lamiaceae (3), Caprifoliaceae herbacées (2), Malvaceae, Scrofulariaceae.
      • plus restrictivement, pour des genres (ou tribu) : Salix (11), Campanula (6), Calluna (3), Carduae (3), Hieracium (3) Lathyrus (3), Leontodon (2), Lysimachia(2), Potentilla (2), Scabiosa (2), Allium, Bryona, Centaurea, Cichorium, Crataegus, Digitalis, Erica, Knautia, Lactuca, Lavandula, Quercus, Rubus, Salvia, Succisa, Vaccinium, Veronica, Vicia, Wisteria.
      • encore plus préférentiellement, pour quelques espèces : Lotus corniculatus (5), Ophrys fuciflora (2), Ajuga reptans, Aster tripolium, Ballota nigra, Centaurea scabiosa, Cirsium arvense, Echium vulgare, Erica tetralix, Eryngium campestre, Hedera helix, Helianthenum, Hippocrepis comosa, Knautia arvensis, Lamium album, Medicago falcata, Medicago sativa, Reseda lutea, Reseda luteola, Scabiosa columbaria, Scrophularia nodosa, Stachys officinalis.
    • Les espèces les plus généralistes (polylectiques) peuvent avoir des préférences de familles de gendres ou d’espèces de plantes à fleurs. Par nombre de citations :
      • pour des familles : Fabaceae (7), Apiaceae (4), Brassicaceae (4), Asteraceae (3 dont Asteraceae liguliflores), Lamiaceae (2), Boraginaceae.
      • pour des genres : Rubus (4), Ranunculus (2), Aster, Calluna, Campanula, Lupinus, Potentilla, Prunella, Ribes (groseillers), Salix, Sarothamnus, Symphytum, Veronica, Viola.
      • enfin des espèces : Solidago virgaurea (3), Lotus corniculatus (3), Taraxacum officinale (2), Ajuga reptans, Artemisia vulgaris, Bellis perennis, Cirsium arvense, Cirsium vulgare, Cytisus scoparius, Erica tetralix, Eryngium campestre, Geum rivale, Glechoma hereraceae, Heracleum sphondylium, Hippocrepis comosa, Jasione montana, Lathyrus montanus, Lathyrus tuberosus, Linaria vulgaris, Lotus uliginosus, Pimpinella saxifraga, Polygonatum verticillatum, Potentilla erecta, Pulmonaria officinalis, Pulsatilla vulgaris, Ranunculus ficaria, Seseli libanotis, Vaccinium vitis-idaea, Vicia orobus.
  • Les données sur la nidification de plus de 75 espèces, vivant parfois en bourgades, donnent une quinzaine dans les tiges (notamment de ronces et de sureau, aussi de Prunus), une douzaine dans le bois, une quarantaine dans le sol (dont une vingtaine dans le sable, une dizaine dans les talus), une dizaine dans diverses autres cavités (notamment dans les murs ou entre les pierres) et autant dans les prairies et pelouses, certaines espèces étant polyvalentes dans ces choix. Des feuilles, des pétales et des débris végétaux peuvent être rassemblés pour meubler les nids.
  • Nous avons saisi des données sur les dates d’observation pour un peu plus de 180 espèces. Certaines – peu nombreuses dans nos régions — qui ont deux générations par an sont dites « bivoltines », les autres sont « univoltines ». L’abeille domestique peut être observée 12 mois sur 12, ne serait-ce que lors de ses vols de propreté. Pour les autres, voici le nombre d’espèces potentiellement observables par mois :
mois 02 03 04 05 06 07 08 09 10
espèces 1 24 84 127 104 101 91 55 4

D’autres informations sur Hortical : « Ne soyons pas sauvages avec les abeilles ».


Rasmont et al. en 1995 [5] utilisent une classification des abeilles en 7 sous-familles :
— 1. Colletidae
— 2. Andrenidae
— 3. Halictidae
— 4. Melittidae
— 5. Megachilidae
— 6. Anthophoridae
— 7. Apidae

Depuis, la classification des insectes a encore évolué avec les recherches phylogénétiques. Ainsi Hedtke et al. en 2013 [6] proposent un clade Anthophila.

Sur Wikipédia nous avons donc le clade Anthophila avec les familles :
— Colletidae (abeilles à face jaune)
— Andrenidae (abeilles des sables)
— Halictidae (abeilles de la sueur)
— Melittidae (avec l’abeille à culotte)
— Megachilidae (abeilles découpeuses, abeilles maçonnes)
— Apidae (abeilles sociales) qui reprend aussi les ex-Anthophoridae
— Stenotritidae (famille australienne anciennement dans les Colletidae)




[4Il faut dire aussi que l’étude des abeilles n’est pas aussi développée que celles des papillons. Ainsi, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) qui classe les espèces dans une « Liste rouge » selon les risques relatifs qu’elles subissent a pu catégoriser 99 % des papillons contre seulement une peu plus de 43 % des abeilles, pour les autres les données sont insuffisantes

[5Rasmont P., Ebmer P. A., Banaszak J. et Van der Zanden G., 1995. — Hymenoptera Apoidea Gallica. Liste taxonomique des abeilles de France, de Belgique, de Suisse et du Grand-Duché de Luxembourg ; Bulletin de la société entomologique de France, volume 100 (hors-série, juin 1995)

[6Shannon M. Hedtke, Sébastien Patiny et Bryan M. Danforth, « The bee tree of life : a supermatrix approach to apoid phylogeny and biogeography », BMC Evolutionary Biology, vol. 13, no 138,‎ 2013


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